mercredi 15 août 2012

Le Québec vogue vers un autre déficit de plus de 3 milliards $


Le Ministre des Finances vient de publier "Le rapport mensuel des opérations financières au 31 mai 2012" couvrant les deux premiers mois de l'année (avril et mai 2012), l'année financière courante se terminant le 31 mars 2013.

Ce rapport révèle, après seulement deux mois d'opération, un déficit de 1,4 milliards $ alors que le budget prévoyait un déficit total de 1,5 milliards $ pour l'année financière.

À partir de ce résultat couvrant 1/6 ième de l'année financière, une projection simpliste du déficit anticipé serait de multiplier ce résultat des deux premiers mois par six, ce qui donnerait un déficit de 8,4 milliards $ pour l'année courante.

Toutefois, ce résultat n'est pas significatif puisque traditionnellement les deux premiers mois de l'année sont toujours largement déficitaires, pour diverses raisons. Par exemple, un organisme gouvernemental qui a épuisé son budget peut retarder ses commandes au début de l'année subséquente; ou bien continuer de passer des commandes en demandant au fournisseur de postdater sa facture au 1 avril de l'année financière subséquente. Une sorte de poisson d'avril au vérificateur des comptes ;-)

Pour établir une projection plus réaliste du déficit, nous avons donc calculé sur les quatre dernières années, le rapport entre le déficit des deux premiers mois et celui de l'année entière. Nous obtenons ainsi un ratio de 43,68% : ce qui signifie qu'en moyenne, le déficit des deux premiers mois représente 43,68% du déficit annuel. À partir de ce ratio, on peut donc déjà projeter un déficit de 3,2 milliards $.

Or, ce montant est le double du déficit prévu au budget, soit un déficit de 1,5 milliards $.



Voir le tableau


Le ministère prétend toujours qu'il garde le cap sur son déficit de 1,5 milliards $ et il donne des explications très discutables.

Plusieurs indices jouent contre l'atteinte de ce budget:

1. Malgré l'augmentation de la taxe de vente de 1%, les revenus totaux sont en décroissance alors que le budget vise une croissance des revenus de 5,9%.
2. Les revenus provenant des impôts des sociétés ont diminué de 24% et il n'y a pas de reprise économique en vue.
3. Au cours des cinq dernières années, les dépenses totales du gouvernement (pas seulement les dépenses de programmes) ont augmenté en moyenne de près de 5% par année et rien ne permet de croire que ce rythme de croissance sera inférieur pour l’année courante.
4.Le service de la dette (intérêts) a déjà augmenté de 10% pour les deux premiers mois.

Tout concorde donc à  ce que le déficit réel du Gouvernement à la fin de l'année financière excède les 3 milliards $ soit le double du résultat budgeté.


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Louis Charbonneau
Conseiller en optimisation de processus d'affaires
514-996-3615

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