dimanche 31 mai 2009

Le scandale des bonis dans nos sociétés d'Etat

Plusieurs de nos grandes sociétés d'État dont Hydro-Québec, Loto-Québec et la Société des Alcools pour en nommer quelques unes ont instauré des programmes incitatifs de mobilisation avec primes au rendement pour les hauts dirigeants, les cadres et les employés. La prime au rendement est basée sur l'atteinte d'un certain profit annoncé au budget de la société selon l'équation:

Revenus - Dépenses = Profit.

À noter que dans ces sociétés en situation de monopole, les revenus sont surtout influencés par des décisions politiques et les dirigeants ont peu ou pas d'influence sur le niveau des revenus.

Puisque ce boni est appelé prime au rendement, on devrait normalement évaluer le rendement de chacun.

Pourtant, une portion importante du montant de la prime est calculé à partir d'un sondage interne sur Internet, ou l'employé s'auto-congratule en répondant à une vingtaine de questions insignifiantes comme:

Êtes-vous mobilisé?

Aimez-vous votre employeur ?

Il est bien évident que tous ont droit au boni.

Qui prépare le sondage donnant droit au boni?

Le groupe Secor

Qui est le groupe Secor ? (Parmi les récents associés, on retrouve Alain Cousineau, directeur général de Loto-Québec et Raymond Bachand, notre actuel ministre des Finances,...)

Le même sondage est revendu à plusieurs de nos sociétés d'État.

Pourquoi un certain groupe de fonctionnaires peut-il profiter d'un tel avantage "capitaliste" alors qu'ils ne prennent aucun risque. C'est une injustice flagrante vis-à-vis des autres salariés de la fonction publique, professeurs, infirmières qui ne travaillent pas dans des sociétés d'État dites sociétés commerciales. C'est surprenant que ces mêmes sociétés, attribuent la prime même sans avoir atteint les objectifs de vente, c'est ce qui est arrivé à Loto-Québec, il y a deux ans.

Il faut transformer cette parodie de mobilisation en un véritable incitatif au rendement.

Tout d'abord, il faut éliminer la composante revenu dans le calcul du boni et ne tenir compte que de la composante dépense.

Le boni devrait se calculer sur la réduction de la dépense, non pas par rapport au budget de dépenses mais par rapport aux dépenses de l'année précédente.

Ainsi la règle serait simple, 50% du montant de la diminution de dépense d'une année sur l'autre serait réparti aux employés méritants, c'est à dire aux employés ayant un rendement satisfaisant. Il faudra évidemment mettre en place un véritable processus d'évaluation du personnel.

Il faut noter que ce mécanisme basé sur la réduction des dépenses, donnera des bonis faramineux les premières années du régime, mais l'injustice s'estompera graduellement.

Dans le cas le Loto-Québec qui a des frais administratifs de 9.5% de ses revenus, alors que des sociétés d'Ètat comparables ont des frais de 2.5%, les économies de dépenses potentielles sont de 7% sur 3 milliards $ ( soit 210 millions $), donc 105 millions $ à partager en bonis.

Vite une loi pour obliger toutes les sociétés d'État à faire approuver leur plan incitatif de rémunération et pas seulement à la Caisse de dépôt!

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