vendredi 31 août 2012

En deux mois, augmentation de la dette de 3,2 milliards $ - Bachand pas rassurant du tout


Dans un article du Journal de Montréal intitulé “Bachand rassurant”

Pour tenter d'expliquer l’énorme déficit de 1,4 milliards $ après seulement deux mois d’opération, le ministre Bachand déclare avec ironie :

“Tous les ans, c’est le même psychodrame parce qu’on dépense plus en début d’année en raison des modalités de versement des subventions à la santé et à l’éducation.”

Incroyable contradiction !
Comment ce diplômé de Harvard peut-il confondre comptabilité de caisse et compatibilité d’exercice et se contredire à l’intérieur d’une même phrase ?  Le moment du versement (déboursé) n’a rien a voir avec la constatation de la dépense et seule la dépense affecte le déficit.
Le Ministre a peut-être oublié que le gouvernement utilise une comptabilité d’exercice?

Mais sans le savoir, notre savant ministre des finances vient de donner l’explication des “besoins financiers” de 3,2 milliards $ inscrit dans le “Rapport mensuel des opérations financières” du 31 mai 2012.

Qu’est ce qu’un besoin financier ?
Un besoin financier est une façon rassurante de nommer une augmentation de la dette.
Ainsi entre le 1 avril et le 31 mai 2012, la dette du Québec a augmenté de 3.2 milliards $.

Voici tiré du glossaire des états financiers vérifiés du gouvernement la définition de besoin financier.
“Les besoins financiers nets sont les liquidités nettes requises par les activités de fonctionnement et celles d’investissement en placements et en immobilisations.”

Deuxième contradiction:
Pour équilibrer son budget, Monsieur Bachand compte sur un cadeau de Monsieur Harper et signale qu’une somme de 733 millions $ était attendue du gouvernement fédéral en janvier prochain au titre de compensation pour l’harmonisation de la taxe de vente du Québec à la taxe de vente fédérale.
Encore une fois le Ministre confond les termes revenus et recettes.
Une note aux états financiers vérifiés du gouvernement stipule que:
“Les transferts du gouvernement fédéral sont comptabilisés dans les revenus de l’année financière au cours de laquelle surviennent les faits qui leur donnent lieu, dans la mesure où ils sont autorisés, où les critères d’admissibilité sont rencontrés et où une estimation raisonnable des montants en cause est possible.”

En vertu de cette note, la compensation de 2,2 milliards $ pour l’harmonisation des taxes devrait être déjà comptabilisée dans les résultats du 31 mars 2012, puisque l’entente a été signée en septembre 2011. Ainsi le paiement de la compensation n’aura aucun impact sur le déficit de l’année courante se terminant le 31 mars 2013.


En conclusion après les deux premiers mois d’opération:
- le déficit de 1,4 milliards $ annonce un déficit annuel de plus de 3 milliards $,
- les besoins financiers de 3,2 milliards $ annoncent une augmentation de la dette de 12 milliards $ pour l’année courante qui se terminera le 31 mars 2013.

mercredi 15 août 2012

Le Québec vogue vers un autre déficit de plus de 3 milliards $


Le Ministre des Finances vient de publier "Le rapport mensuel des opérations financières au 31 mai 2012" couvrant les deux premiers mois de l'année (avril et mai 2012), l'année financière courante se terminant le 31 mars 2013.

Ce rapport révèle, après seulement deux mois d'opération, un déficit de 1,4 milliards $ alors que le budget prévoyait un déficit total de 1,5 milliards $ pour l'année financière.

À partir de ce résultat couvrant 1/6 ième de l'année financière, une projection simpliste du déficit anticipé serait de multiplier ce résultat des deux premiers mois par six, ce qui donnerait un déficit de 8,4 milliards $ pour l'année courante.

Toutefois, ce résultat n'est pas significatif puisque traditionnellement les deux premiers mois de l'année sont toujours largement déficitaires, pour diverses raisons. Par exemple, un organisme gouvernemental qui a épuisé son budget peut retarder ses commandes au début de l'année subséquente; ou bien continuer de passer des commandes en demandant au fournisseur de postdater sa facture au 1 avril de l'année financière subséquente. Une sorte de poisson d'avril au vérificateur des comptes ;-)

Pour établir une projection plus réaliste du déficit, nous avons donc calculé sur les quatre dernières années, le rapport entre le déficit des deux premiers mois et celui de l'année entière. Nous obtenons ainsi un ratio de 43,68% : ce qui signifie qu'en moyenne, le déficit des deux premiers mois représente 43,68% du déficit annuel. À partir de ce ratio, on peut donc déjà projeter un déficit de 3,2 milliards $.

Or, ce montant est le double du déficit prévu au budget, soit un déficit de 1,5 milliards $.



Voir le tableau


Le ministère prétend toujours qu'il garde le cap sur son déficit de 1,5 milliards $ et il donne des explications très discutables.

Plusieurs indices jouent contre l'atteinte de ce budget:

1. Malgré l'augmentation de la taxe de vente de 1%, les revenus totaux sont en décroissance alors que le budget vise une croissance des revenus de 5,9%.
2. Les revenus provenant des impôts des sociétés ont diminué de 24% et il n'y a pas de reprise économique en vue.
3. Au cours des cinq dernières années, les dépenses totales du gouvernement (pas seulement les dépenses de programmes) ont augmenté en moyenne de près de 5% par année et rien ne permet de croire que ce rythme de croissance sera inférieur pour l’année courante.
4.Le service de la dette (intérêts) a déjà augmenté de 10% pour les deux premiers mois.

Tout concorde donc à  ce que le déficit réel du Gouvernement à la fin de l'année financière excède les 3 milliards $ soit le double du résultat budgeté.


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Louis Charbonneau
Conseiller en optimisation de processus d'affaires
514-996-3615

vendredi 9 juillet 2010

Effort de resserrement de dépenses

Définition d’un “Effort de resserrement de dépenses” selon le dictionnaire Bachand
Un “Effort de resserrement de dépenses" est une différence entre 2 hypothèses administratives ou si l'on veut entre deux scénarios:
C'est la différence entre ce que le gouvernement aurait pu faire et ce qu'il fera.

Le gouvernement aurait pu nous présenter un budget de X milliards
Il choisit de nous présenter un budget de (X - R)
Donc “Effort de resserrement de dépenses” = R

L’”effort de resserrement des dépenses” est variable selon l’hypothèse de départ à la discrétion du gouvernement.
Le gouvernement aurait pu continuer à laisser croître les dépenses au rythme de 4.8% par année et nous présenter un budget de X milliards.
Mais le gouvernement prend une décision administrative et décide de laisser croître les dépenses à raison de 2.2% par année.
Il nous présente donc un budget de (X -R)
D'où “Effort de resserrement des dépenses” = R
Dit d’une autre façon:
Si je continuais à être un mauvais gestionnaire, je vous présenterais mon budget de X
Mais comme je suis devenu responsable, je vous présente mon budget de (X -R)
D'où “Effort de resserrement des dépenses” = R
Dit sous une forme algébrique:
(Un montant hypothétique de dépenses) - (Un montant futur de dépenses) = (Effort de resserrement de dépenses)
(Montant futur de dépenses) = (Montant projeté de dépenses) = (Budget de dépenses)
par substitution
(Un montant hypothétique de dépenses) - (Budget de dépenses) = (Effort de resserrement de dépenses)
(Le montant hypothétique de dépenses) comporte bien évidemment un SI
Si les dépenses continuais d'augmenter annuellement au taux de (T1)% le gouvernement dépenserait X (le conditionnel hypothétique)
Selon le budget, les dépenses augmenteraient au taux de (T2) % et le gouvernement projette de dépenser (X - R)
Donc "Effort de resserrement des dépenses" = R
Le gouvernement peut faire varier à volonté son “Effort de resserrement de dépenses”. Les facteurs T1 et T2 sont à sa discrétion.
Il aurait pu choisir le plus haut taux d'augmentation d'une année antérieure soit 5.8% et automatiquement son effort augmente radicalement.
S'il avait choisi le taux d'augmentation de sa moins mauvaise année 3.8% son "Effort de resserrement de dépenses" devenait minime.
On voit bien qu'il n'y a ni effort ni resserrement, il n'y a que des élucubrations mathématiques. En définitive, il n’y a et ne peut y avoir que le contribuable qui passe à la caisse. Le gouvernement ne peut identifier aucune réduction de dépenses pour l'excellente raison que le budget de dépenses continue d'augmenter année après années.
D'où
Effort du contribuable = 100%
Effort du gouvernement = 0%

vendredi 21 mai 2010

Éthique, gouvernance et intégrité



On ne peut parler d'éthique, de gouvernance et d'intégrité sans parler de reddition de comptes.
La reddition de comptes est le principe même d'une bonne gouvernance.
La transparence dans la reddition de comptes démontre l'éthique.
La transparence dans la reddition de compte aide à lutter contre les malversations et le gaspillage.
Un standard de reddition de comptes implique la mesure de la performance de toutes les ressources.
Le standard de reddition de comptes implique donc:
Une Fréquence de reddition de comptes
Un Format pour la reddition de comptes
Un Contenu (données exhaustives)
Une Granularité approprié (analytique versus synthétique)
Des Critères de mesure pour chaque type de ressources

Les critères de mesure pour chaque type de ressources impliquent:
Des Cibles, orientations ou direction
Des Objectifs quantifiables ou mesurables
Des Données comparables (benchmarking)
Une volonté de mesurer, se comparer, progresser et devenir plus transparent et plus productif à chacun des cycles de reddition de comptes
On ne peut gérer que ce que l'on peut mesurer.

mercredi 28 octobre 2009

L'argent pourrit tout

Monsieur Martineau du Journal de Montréal suggérait, dans un article du 25 octobre 2009, que tous les candidats à une élection aient le même budget.
C'est une solution qui augmenterait les dépenses de l'État.

Voici ma solution:
Une façon de mettre tous les candidats sur un pied d'égalité, est de considérer tous les postes de maires, de conseillers, de ministres, de députés ou d'administrateurs de sociétés d'États, comme un service civil obligatoire.

Tout individu est susceptible d'être appelé pour servir l'État.
Un peu comme les membres d'un jury que l'on appelle au hasard.

L'individu appelé peut se désister ou accepter de servir l'État.
L'individu qui accepte de servir l"état, passe un examen de logique pour s'assurer qu'il possède le minimum vital de ressources intellectuelles.
(Ce qui n'est même pas le cas avec notre système actuel)

Si l'on peut confier au hasard le choix de juges qui auront droit de vie ou de mort sur une personne, l'on pourrait très bien confier au même hasard le choix des administrateurs qui iront dormir au conseil d'administration d'une commission scolaire, d'une ville ou d'une assemblée nationale.

Voilà une solution on ne peut plus démocratique (chances égales pour tous) et qui ferait économiser des millions.

Le directeur général des élections et toutes sa bureaucrasserie est remplacé par un petit comité de sages qui rédige les examens de qualifications aux postes de "civil servants".
Évidemment les examens de qualifications seraient pondérés et adaptés aux postes à pourvoir.



dimanche 16 août 2009

Transformer l'état providence

Transformer l'état providence passif et distributeur de prestations égalitaires en un état attentif et sélectif, dispensateur d'équité des chances.

Égalitaire ou équitable:
Un service de garderie à 7$ par jour pour tous est égalitaire, mais loin d'être équitable.
Une pension de 500$ pour tous les vieux de 65 ans et plus est égalitaire, mais loin d'être équitable; c'est même en contradiction avec la charte des droits et libertés qui interdit toute discrimination fondée sur le sexe, la couleur ou l'âge.

Premier principe:
À l'exception de l'handicapé physique ou mental, personne n'a de droit systématique et automatique à une prestation d'aide sociale.

Deuxième principe:
Chaque individu a droit à l'équité des chances.
L'objectif étant de donner aux individus les moyens de faire face aux aléas de la vie et moyens n'est pas synonyme de prestation.
L'équité des chances ne consiste pas seulement à compenser au départ des inégalités de la nature ou les disparités de fortune: elle vise à redonner de façon permanente des moyens de se remettre sur les rails de l'existence.
Insertion ou ré-insertion est le mot clé.

Équité des chances impliquera forcément discrimination sur la forme et la durée de l'aide requise pour mener à terme le processus d'insertion.
Le programme d'insertion devra être personnalisé, ajusté à la situation et au parcours de la personne.

mardi 2 juin 2009

L'immigration pour enrichir le Québec, dites-vous?

Combien d'immigrants avons nous besoin?
Quel type d'immigrant avons nous besoin?
Comment accueillir et intégrer les immigrants?
Existe-t-il un seuil où la population d'un pays peut se suffire à elle-même?

Commençons par examiner cette dernière question.
Existe-t-il un seuil où la population d'un pays peut se suffire à elle-même?
Force est de constater que la richesse d'un pays n'est pas fonction de sa taille. Dans les faits, le niveau de vie d'un pays serait plutôt en fonction inverse de sa population. Plusieurs petits pays de quelques millions d'habitants comme la Suisse, la Norvège, le Danemark ont de très hauts niveaux de vie alors que de très grands pays comme l'Inde, la Chine ou le Pakistan ont des niveaux de vie inférieurs. Le nombre d'habitants d'un pays est un facteur de puissance certes, mais n'est pas un facteur de richesse individuelle. Dans chaque pays l'espace et les ressources sont limités. Il semble que l'équation (ressources d'un pays /divisées par son nombre d'habitants) se justifie.
Dans un pays donné, plus vous serez nombreux à partager la ressource plus vous serez pauvres.
C'est ce que les statistiques démontrent. Il n'y aurait donc aucun avantage, en termes de niveau de vie, à accroître la population du Québec. Si la population du Québec doit croître, elle doit le faire pour d'autres raisons, entre autres pour assurer sa pérennité. Alors l'immigration qui ne s'intègre pas à nos us et coutumes joue contre notre pérennité.
Que penser du taylorisme-bouchardeux qui affirme que c'est nous les Québécois qui devons nous adapter aux immigrants?

Combien d'immigrants avons nous besoin?
Aucun, 1000, 10 000, 100 000 ou un million, toutes les réponses sont bonnes.
Si nous sommes pressés de devenir une minorité, 1 million d'immigrants règlerait notre cas en quelques années.

Quel type d'immigrant avons nous besoin?
Nous devons sélectionner des immigrants qui viennent combler un besoin démontré de main d'œuvre qualifiée.
Par souci d'équité, nous ne devrions accepter que des immigrants provenant de pays ayant un niveau de vie équivalent au nôtre. Autrement, notre sélection de main d'œuvre qualifiée viendra appauvrir un pays déjà pauvre.
De toute façon, si le dicton: "l'immigrant enrichit le pays d'accueil" est vrai; forcément l'émigrant appauvrit son pays d'origine.
Comment accueillir et intégrer les immigrants?
Pour les accueillir devons-nous dérouler le tapis rouge?
Certainement pas, à moins que vous ne soyez un partisan du taylorisme-bouchardeux.
Pouvons-nous faire quelque chose pour intégrer l'immigrant?
Absolument rien à faire, c'est l'immigrant qui s'intègre de lui-même ou qui choisit de s'exclure de sa société d'accueil en vertu de notre trudeau concept de multi-culturalisme.